BÉNIN /RÉFLEXION SUR LA DÉMOCRATIE ET DÉVELOPPEMENT : Richard Boni Ouorou écrit au Président TALON

En cette période de célèbration des 30 ans de démocratie au Bénin, le débat sur la thématique « démocratie et développement » fait couler beaucoup d’encre et de salive. Richard Boni Ouorou, consultant et politologue béninois résidant à Montréal y apporte sa contribution. Lisez sa lettre adressée au président Patrice TALON.

Montréal, QC, Canada,

Monsieur Patrice TALON

Président de la République

Chef du Gouvernement

Chef de l’État, Chef suprême des Armées

Présidence de la République du Bénin

Gouvernement du Bénin

Objet : Démocratie et développement; réflexions et proposition à l’occasion du 30e anniversaire de la Conférence nationale de 1990

Monsieur le Président,

Laissez-moi d’abord vous saluer bien chaleureusement et vous souhaiter une année 2020 éclairée, remplie de succès et porteuse d’avenir pour le peuple béninois. Dernièrement, dans une causerie avec deux professionnels des médias, vous avez dit que « ce qui caractérise cette capacité de l’homme à avancer, à transformer son environnement, c’est son sérieux, sa rigueur, son abnégation à faire ce qu’il convient de faire ». Je partage cette noble idée. Et c’est sans doute dans un élan de patriotisme beaucoup trop rigoureux je vous le concède, que j’ai pu, par le passé, faire certains commentaires jugés désobligeants vous concernant. Sachez que je retire certains de ces propos et que mes propos, dans la présente missive, traduisent une meilleure compréhension de votre gouvernance démocratique. J’ai écouté vos allocutions soulignant à la fois le 30e anniversaire de la démocratie béninoise et les possibilités qui s’ouvrent à elle. J’ai prêté attention aux professeurs, hommes de loi et autres intellectuels ayant pris la parole en marge de cet évènement. Et j’ai compris. J’ai saisi que les idéologues vous entourant vous, vous et le peuple béninois tout entier, vous ont en quelque sorte floué, détourné. Plus précisément, je pense qu’ils vous poussent à croire que développement et démocratie ne sont pas consubstantiels et que cette dernière rime parfois avec anarchie. Le tort est donc fondamentalement du côté de ces personnes, péchant par mauvaise foi ou par confusion terminologique. À cet égard, permettez au chercheur en sciences sociales que je suis de préciser les choses d’entrée de jeu. Le concept d’anarchie, dans son acception populaire, désigne la pagaille, le désordre global. Dans la littérature scientifique et chez les professeurs, le terme est plutôt associé à une idéologie ou à des agents prônant une diminution importante, voire la disparition des formes classiques de l’autorité, du pouvoir. Cela dit, un état démocratique porte-t-il fatalement en lui les gènes du désordre, du chaos? La réponse est évidemment non. Si certains le pensent, c’est simplement parce qu’ils saisissent mal ce que sont le libéralisme politique et le pluralisme. Ou encore qu’ils font preuve d’intolérance à l’endroit de certaines revendications particulières. Quant à l’anarchisme (comme discours idéologique), il a plutôt un faible pouvoir entropique. En fait, les penseurs anarchistes ne visent pas tant l’absence d’ordre — nombreux déplorent d’ailleurs le fouillis des systèmes de représentation et vantent les mérites du pouvoir citoyen — que la fin du contrôle social indu. Bref, Monsieur le Président, la démocratie n’est pas le prélude aux périodes troublées, confuses, sans direction; elle ne donne pas naissance au chaos. Ce sont au contraire les régimes antidémocratiques qui portent en eux le désordre puisqu’ils ont comme horizon, en suscitant rébellions et luttes révolutionnaires, un contrôle social encore plus arbitraire, donc désordonné, déraisonnable — pensons aux dictatures qui n’ont de rigueur que dans la répression — et l’instabilité. Pourquoi l’instabilité? Pourquoi est-elle une conséquence indirecte de la concentration excessive des pouvoirs? Parce que sans contrainte ni responsabilité devant le peuple, toute personne ou tout groupe finit par abuser de son autorité. Or, comme aucune condition n’est permanente, les sujets victimes d’abus en arrivent tôt ou tard à s’affranchir et à renverser le régime, ce qui se fait souvent de façon aussi brutale que ne l’aurait anticipé le dictateur et sans possibilité de préparer la transition. Il en résulte une période d’instabilité. Une instabilité qui se traduit également par le régressement progressif de l’économie, pour employer un euphémisme. Une telle stagnation s’explique par l’attentisme de tout un chacun : l’investissement ($) dépend des conditions actuelles du sujet et de la représentation que ce dernier se fait de l’avenir. Dès lors que le présent ne lui donne aucune garantie et que le futur lui paraît encore plus sombre, le sujet mettra sa capacité de production en veilleuse dans l’attente d’une situation plus favorable. Il y a ainsi dans toute société instable une sorte de frilosité et de désolidarisation des acteurs économiques. À l’inverse, la démocratie est un axe de convergence. Tout en encadrant la diversité, l’ordre démocratique instaure un projet commun pour le présent et le futur, mais toujours en résonnance avec le passé et les traditions. Il est inspiré par des valeurs partagées, il s’inscrit dans une histoire commune et il stimule les ambitions individuelles. Quand il est clairement formulé, bien présenté et correctement mis en œuvre, cet ordre-là crée de la cohésion sociale tout en produisant de nouvelles valeurs et de nouvelles richesses… qui viennent le bonifier à leur tour. Vous aurez deviné, Monsieur le Président, que je viens de décrire lâ le progrès et le développement. Et vous comprendrez que c’est avec consternation et déception que j’ai entendu des aînés politiques béninois (toutes tendances confondues) déclarer récemment que notre démocratie, aussi désirable soit-elle, était à dissocier du développement. Leurs propos reflétaient-ils l’opinion du peuple? J’admets que celui-ci peut douter de la pertinence des efforts mis à défendre la démocratie lorsque la pauvreté le frappe de plein fouet. Une pédagogie d’envergure nationale, chose certaine, reste à faire, ne serait-ce que pour contrer les raccourcis idéologiques de certains « influenceurs », car toutes les études sérieuses montrent, Monsieur le Président, que la démocratie et le développement sont indissociables. La première déclenche et pérennise le second. D’ailleurs, au départ, le projet démocratique béninois a été conçu pour mieux développer le potentiel du pays, ce qu’exigeaient les citoyens en votant pour lui et ce que la communauté internationale nous signifiait par son appui. Évidemment, dans ce que souhaite la communauté internationale, beaucoup l’ont compris, il y a aussi ce qui va dans le sens de ses intérêts. Que nous fassions nôtre le processus démocratique, voilà qui était également bon pour elle. La démocratie est le système politique le plus susceptible de favoriser la paix et l’unité, deux conditions essentielles aux échanges porteurs de développement et dont la communauté internationale profite in fine. Mais revenons au cas du Bénin. Le problème que nous avons rencontré dans notre volonté de croissance et dans notre apprentissage collectif de la démocratie est, fondamentalement, que nous n’avons associé à la démocratie que la notion de liberté -TOTALE-. La liberté totale est la possibilité pour un citoyen de contester sans contrainte ni sanction la gestion publique étatique et de critiquer ceux et celles qui la représentent et qui détiennent le pouvoir de gouverner. Par analogie, pensons au père qui s’endette et implique sa famille; tous ses enfants, même le plus hors-la-loi d’entre eux, sont totalement en droit de réclamer des comptes puisque c’est aussi leurs noms qui figurent sur la lettre de créance. Les élites béninoises n’ont jamais pris la peine d’expliquer aux populations que la liberté démocratique induisait également des conditions, qu’elle pouvait comporter une dimension relative. La liberté conditionnée fait ainsi référence aux licences tributaires de la volonté de chaque citoyen de s’acquitter de ses responsabilités, de remplir ses devoirs. L’analyse de notre démocratie doit permettre de comprendre les points sur lesquels elle a manqué d’efficacité. Permettez-moi alors de pousser plus loin ma réflexion. L’avènement de la démocratie béninoise est une histoire de lutte de classes. Notre démocratie s’est présentée et s’est instaurée en guise de solution à une problématique socioéconomique globale qui résultait d’une gestion publique opaque, en vigueur sous la dictature marxiste de feu le général Mathieu Kérékou. La crise des années 1980 s’est soldée par la cristallisation d’une opposition de classes : les prolétaires contre les élites de la dictature Marxiste-léniniste. Je pense que les politiciens qui ont émergé plus tard, lors de la Conférence nationale de 1990, ont instrumentalisé cette lutte, la transformant en crise politique, puis en joute politique. La jeune démocratie béninoise n’est donc pas purement issue d’une volonté populaire d’émancipation puisqu’elle a été la réponse politique à une crise économique issue d’une gestion obscure des deniers publics. Notre démocratie n’a pas dès le départ opéré correctement, si je puis dire. Son problème, qu’elle traîne toujours aujourd’hui, est que les conférenciers nationaux de l’époque (de braves intellectuels et des acteurs moins intègres) ont prioritairement conçu et mis en place des mécanismes de gestion électorale plutôt que des mécanismes transparents de gestion publique. Il leur fallait répondre d’urgence aux « causes » de la crise de 1988, prélude à la Conférence nationale. Pour s’en convaincre, il suffit de revoir le comportement des acteurs politique à l’issue de cette conférence fondatrice. Ils ont tous (ou presque) été candidats à la présidence de la République. C’est à croire que leur objectif n’était que d’évincer le général Kerekou, de chausser ses bottes et de bénéficier de ses privilèges (pouvoir opaque, présidentialisme exagéré). Un tel présidentialisme, d’ailleurs, s’exprime toujours dans notre démocratie par la voix et le sens donnés à la représentation. À cet égard, permettez, Monsieur le Président, que j’y aille d’une autre typologie :

Pour comprendre une des fonctions attribuées à notre démocratie. (la représentation)

Est représentant, toute personne soumise aux ordres d’un tiers et qui ne s’exécute que s’il en reçoit l’ordre et qu’il suit la volonté de ce dernier.
Est représentant, toute personne qui agit au nom de personnes sans volonté ou dont les facultés sont affaiblies.
Le représentant du premier type se trouve dans les régimes parlementaires, lesquels sont réputés être les meilleurs puisque, dans ces démocraties, les citoyens ont relativement très peu de raisons de pratiquer la désobéissance civile. Convenons, Monsieur le Président, qu’en comparaison de la France, le Royaume-Uni connaît moins de conflits sociaux paralysants. Le représentant du second type est celui qu’on observe dans des pays comme le nôtre. Il n’a généralement pas de compte à rendre et décide de tout. Ce représentant est une insulte à la face même du peuple. Les Béninois méritent qu’on puisse et qu’on doive réfléchir avec eux pour leur bien-être collectif. Autre questionnement essentiel. Qui étaient vraiment ces acteurs de 1990 et pourquoi ont-ils préféré le deuxième type de représentation? Ils se faisaient appeler les « intellectuels bien-pensants ». Ils ont en réalité élitisé le processus démocratique et en ont exclu le peuple souverain — même s’il a permis à certains de rentrer d’exil.

Dès lors, au lieu d’apporter des solutions concrètes au bénéfice de la classe populaire, nos démocrates patentés ont exclu cette dernière du nouveau système politique. Pour preuve, la majorité des députés vainqueurs de la première élection législative étaient des citadins ayant exercé des professions libérales. Ainsi, paradoxalement, le souffle démocratique de 1990 sentait l’exclusion. Même si elle est décriée avec force et vigueur aujourd’hui par les mêmes qui l’ont constitutionnalisée ad primum, cette exclusion n’a cessé d’être opérante depuis trente ans. La Constitution de 1990, d’ailleurs, n’était qu’un genre de copie hybride des systèmes présidentiels américain et législatif français. Autrement dit, un président puissant, avec le pouvoir de démettre et de réinstaller des milliers de fonctionnaires dès sa prise de fonction, à l’américaine, et une assemblée nationale dotée des pouvoirs budgétaire et législatif, un peu à la française. Dès sa mise en place, la Constitution béninoise n’a jamais véritablement servi les intérêts du peuple ni répondu à ses besoins; elle a plutôt aidé les élites à se positionner. Du syndicaliste au politicien, chacun y a trouvé son compte. Notre Constitution a été pensée, qu’on me permette l’image, comme un accessoire à greffer sur un corps constitué d’ambitions individuelles. Aussi chaque fois que le besoin se fait sentir, on peut enlever le greffon afin que le corps puisse manœuvrer « librement ». Les politiciens l’ont fait avant vous, Monsieur le Président, et vous le faites aussi, à la différence que vous passez par la voie législative, ce qui ne vous exonère pas pour autant. Je ne mâcherai pas mes mots pour décrire la réalité actuelle au Bénin. Aujourd’hui, des dirigeants sans vision collective réelle ni encadrement idéologique évoluent dans un environnement législatif partial, et dépassent les limites du bon sens tout en prenant le peuple béninois (obsédé de changement) en otage. Cela dit, la gestion publique n’est pas ce qu’il faut revoir en priorité. Il importe plutôt de remettre en question la forme de notre démocratie et les mécanismes qu’elle a dès le départ privilégiés, des mécanismes qui renforcent un seul homme (président) au détriment de tout un peuple. Pour avoir été un dictateur, Kérékou a été chassé. Mais ceux-là mêmes qui l’ont éjecté l’ont ramené au pouvoir, et ce, sans aucune garantie de reconversion à la démocratie de sa part, alors que Nicéphore Soglo, le perdant dans l’affaire, était (l’ami) démocrate. Incroyable! Dès lors, l’objectif des membres de ce distingué aréopage était-il vraiment la pratique de la démocratie? Ou bien simplement, et trivialement, voulaient-ils régler des comptes, profiter du pouvoir et gérer l’état sous une bannière démocratique ou non? Poser la question, c’est y répondre. En son temps, pas si lointain, le président Yayi Boni a été soupçonné de violer la Constitution et d’incarner une dérive totalitaire. Il n’est plus aux commandes. Bien qu’elles soient aussi fondées aujourd’hui qu’elles ne l’étaient entre 2006 et 2016, les mêmes critiques vous sont maintenant adressées, Monsieur le Président. Existe-t-il des raisons de douter des méthodes de votre gouvernance? Doit-on se questionner sur la démocratie en action au Bénin, de ses mécanismes de représentation? Je termine, Monsieur le Président, en vous suggérant une piste de solution pour l’avenir. Pourquoi, dans la foulée de ce bel anniversaire qu’il faut célébrer, ne pas faire une analyse complète de la situation, un grand état des lieux? Cela pourrait prendre la forme d’un rapport externe, fouillé et complet, commandé non pas pour remettre en question la démocratie, mais bien pour examiner sa genèse et son mode d’opérationnalisation au Bénin. Ce rapport pourrait ensuite servir de base à des réformes utiles, inscrites dans qui l’a vue naitre afin de mieux consolider le socle démocratique et l’économie de notre pays et marquer durablement son l’histoire. Armé d’un tel rapport, doté d’un regard impartial, il vous serait beaucoup plus facile de réaliser votre rêve sans doute le plus cher, celui d’être considéré comme l’un des Pères de la nation béninoise. Le fait d’être président ne fait pas automatiquement de vous un pilier de la nation. Car il faut l’avoir engendré, ou participer d’une façon plus prononcée à son renforcement, pour en être le géniteur ou quelque chose dans la même forme de considération. Vous avez cependant, Monsieur le Président, tous les moyens et encore toute la légitimité pour figurer à jamais dans la mémoire collective en tant que véritable bâtisseur de la démocratie. Ne gâchez pas l’opportunité qui vous est offerte, écoutez tous les avis, même ceux venant des camps adverses. Gagner combats et guerres n’est pas toujours suffisant, et les victoires ne sont pas toutes importantes. L’Histoire, heureusement, finit toujours par reconnaître les moments charnières et les vrais héros. Nous vous avons élu, Monsieur le Président, devenez maintenant une figure emblématique de la démocratie béninoise, un véritable Père de la nation!

Avec tout mon respect et ma considération,

Richard Boni OUOROU

Politologue et consultant

E-mail : boni.richard.ouorou@umontreal.ca

https://www.linkedin.com/in/boni-richard-ouorou-022366123/

Tél :00 (1) 514-704-2010

Annexe. Plan d’un possible rapport.

Genèse et bilan de la démocratie au Bénin

CRÉATION DE PARTIS POLITIQUES AU BÉNIN : Recul des droits et libertés selon le politologue Mathias

Le politologue béninois, Mathias Hounkpè, poursuit sa série de réflexions sur la situation politique au Bénin. Dans une nouvelle publication, il livre le fruit de son analyse sur la réforme du système partisan, notamment sur le nouveau mode de création et de maintien des partis politiques.


Après sa réflexion axée sur le thème: « Soyons clairs sur ce qui se passe au Bénin ! » et ses propositions pour sortir d’une démocratie « contrôlée« , le politologue Paul Hounkpè revient avec de nouvelles réflexions. Cette fois-ci, c’est le mode de création des partis politiques et leur maintien qui est son nouveau champ d’analyse. Pour l’administrateur du programme de gouvernance politique à Osiwa (Open Society Initiative for West Africa), les nouvelles conditions de création des partis sont un véritable « recul des droits et libertés fondamentaux ». Selon le politologue, les lois applicables aux partis politiques » devraient inclure des mécanismes susceptibles d’inciter à adopter, dans leur fonctionnement, les comportements jugés souhaitables pour le bon fonctionnement de la démocratie ».

Se basant sur cette approche, Mathias Hounkpè estime qu’il y a des attitudes sur lesquelles la législation pertinente aurait dû insister. Pour préciser le fond de sa pensée, il donne trois illustrations desdites attitudes :

D’abord, il pense que le défaut de lignes idéologiques claires fait partie des reproches récurrents faits aux partis politiques, au Bénin comme quasiment partout en Afrique. « L’on devrait donc s’attendre à ce que la réforme du système partisan y attache un certain prix », indique-t-il. Mais, si la charte des partis politiques (article 3) affirme qu’ils « expriment leurs objectifs et leurs idéologies dans des programmes politiques », l’article 18 (dernier alinéa) dit que la mention de l’idéologie du parti, dans le dossier à fournir pour la déclaration du parti, est facultative. « A part cela, il n’y a plus rien d’autre sur cette question ni dans tout le reste de la loi, ni non plus dans les autres lois applicables aux partis politiques.« , a-t-il déploré.
Ensuite, la promotion de la femme était l’une des préoccupations des différentes tentatives des réformes politiques récentes au Bénin, rappelle-t-il. L’on a même dû augmenter le nombre de députés au Parlement pour leur garantir des places au sein des prochaines législatures. « Pourtant, paradoxalement, on ne trouve aucune disposition susceptible d’inciter les partis politiques à promouvoir le genre dans leur fonctionnement« . Résultat, constate-t-il, ils devraient attendre juste les compétitions électorales pour aller chercher des femmes à positionner sur leurs listes, au lieu de travailler à améliorer effectivement leur participation au fonctionnement de la vie politique.
Enfin, Mathias Hounkpè fait remarquer qu’on ne trouve rien, dans les textes applicables aux partis politiques, qui les inciterait à faire attention à la moralité des membres qu’ils présentent pour des postes politiques (surtout par nomination). « L’opinion générale, chez nous et en Afrique, est que les partis politiques font, le plus souvent, la promotion de leurs membres les mieux à même de favoriser le parti en abusant des positions qu’ils occupent« , affirme-t-il, avant de conclure que les réformes auraient dû être mises à profit pour augmenter la responsabilité des partis politiques dans leur contribution à la gestion des affaires publiques au Bénin.

CORONAVIRUS/USA : Donald Trump fait don de son salaire de 59.300.000 dollars pour combattre le virus.

Le président américain Donald Trump, qui a fait don de chacun de ses paiements de salaire à des agences gouvernementales depuis qu’il est devenu président, a aussi fait don de son quatrième salaire trimestriel 2019 au ministère de la Santé et des Services sociaux pour aider à lutter contre l’épidémie de coronavirus aux États-Unis.

Trump a effectué le paiement après un voyage à l’Institut national de la santé mardi après-midi pour rencontrer Anthony Fauci, l’un des plus grands immunologistes au monde, vu que les États-Unis ont maintenant 100 cas confirmés de coronavirus avec neuf décès enregistrés à Washington.

Le salaire annuel de Trump est de 400 000 $ chaque année, à partir duquel il est payé 100 000 $ tous les 3 mois.
La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Stephanie Grisham, a publié sur Twitter une image du chèque de 100 000 $ de Trump au secrétaire du HHS Alex Azar.

La semaine dernière, Trump a soumis une demande de financement supplémentaire de 2,5 milliards de dollars au Congrès pour lutter contre la propagation du coronavirus, mais les législateurs ont critiqué le montant pour son insuffisance, affirmant qu’il fallait plus pour combattre le virus.

Donald Trump, Président des USA

TOGO : Félicitations des présidents du Niger, Ghana, Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire à Faure Gnassingbé

“Une totale adhésion des togolais au projet de société”, “le peuple togolais réaffirme ainsi sa volonté de voir poursuivre l’œuvre de construction d’une nation forte”, le Togo confirme ainsi “sa maturité politique et son attachement à la démocratie et à la stabilité”… Depuis la proclamation des résultats définitifs, de Mahamadou Issifou à Nana Akufo-Addo en passant par Marc Roch Christian Kaboré, nombreux sont les chefs d’Etat qui saluent la victoire de Faure Essozimna Gnassingbé à l’élection présidentielle du 22 février dernier. Réélu au terme d’un scrutin calme et apaisé pour un nouveau mandat de cinq ans, le Chef de l’Etat togolais, enregistre les félicitations de ses pairs.

Parmi les premiers, Alassane Ouattara. Il fut agréable pour le chef de l’État ivoirien d’adresser “au nom du peuple et du gouvernement ivoirien ainsi qu’en son nom propre” les “très vives et chaleureuses félicitations” à Faure Essozimna Gnassingbé pour sa réélection. “En vous renouvelant sa confiance, le peuple togolais réaffirme ainsi sa volonté de vous voir poursuivre l’œuvre de construction d’une nation forte et prospère à laquelle vous vous attelez sans relâche en vue de son bien-être”, a poursuivi le président ivoirien. Paul Biya, le Chef de l’Etat camerounais s’est également fendu dans un télégramme officiel. Il saisit plutôt “cette circonstance solennelle pour réitérer sa disponibilité à œuvrer” pour la “consolidation des excellentes relations d’amitié et de coopération qui existent entre le Cameroun et le Togo”.

Depuis Accra, Nana Akufo-Addo, a lui aussi adressé ses félicitations au président réélu au premier tour du scrutin du 22 février dernier. Dans son message, le président ghanéen a souligné “la manière ordonnée, crédible et transparente dont les élections se sont déroulées” et reste “convaincu” qu’avec cette réélection de son homologue, “le Togo inaugurera une nouvelle période de paix, de progrès et de prospérité”. Il a également renouvelé son engagement à travailler avec Faure Essozimna Gnassingbé pour le “bénéfice mutuel des peuples” du Ghana et du Togo.

C’est également le cas du Chef de l’Etat gabonais. Ali Bongo considère que “la très large majorité des suffrages exprimés” en faveur de son homologue “traduit sans doute, la totale adhésion” du peuple togolais à son projet de société ainsi que “la reconnaissance qu’il témoigne au regard des performances économiques et sociales impulsées”. Autre félicitation bien importante est celle du Président de la République Nigérienne et président en exercice de la Cedeao qui adresse ses “compliments au peuple togolais et aux institutions compétentes pour la réussite de cette consultation électorale majeure”. Dans un autre registre, le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, a adressé un message de félicitations, via Twitter. Il assure de sa détermination à œuvrer (…) à la consolidation des excellentes relations entre le Burkina Faso et le Togo.

MARCHÉ FINANCIER DE L’UEMO : Le Bénin obtient 88 milliards de FCFA

La Direction générale du trésor et de la comptabilité publique du Bénin a procédé le jeudi 5 mars 2020, à la levée de 88 milliards FCFA, soit 132 millions d’euros sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa).

Selon les résultats de l’émission, le Bénin ayant sollicité un montant de 80 milliards FCFA, a reçu finalement 88 milliards FCFA des investisseurs. Le montant global des soumissions est de 112,807 milliards de FCFA et le taux de couverture est de 141,01%. Ceci, au terme d’une émission simultanée d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT) à 5, 7 et 10 ans.

Le paiement des intérêts sera fait sur la base d’un taux de 6% l’an dès la première année pour les OAT à 5 ans, 6,40% pour les OAT à 7 ans et 6,50% pour les OAT à 10 ans. Les remboursements de ces trois instruments se feront le premier jour ouvrable suivant leurs dates d’échéance respectives. Les échéances finales sont respectivement 06 mars 2025, 06 mars 2027 et 06 mars 2030, suivant les maturités 5 ans, 7 ans et 10 ans.

Au titre du premier trimestre 2020, le Bénin envisage au total la levée d’un montant de 200 milliards FCFA sous forme d’OAT. L’Etat béninois a déjà obtenu un montant total de 93,5 milliards FCFA dont 55 milliards FCFA le 9 janvier 2020 et 38,500 milliards FCFA le 6 février 2020.

BURKINA FASO/ AFFAIRE ZONGO : La France pour l’extradition de COMPAORÉ

Rebondissement dans l’affaire ZONGO au Burkina Faso. En réponse à une demande du gouvernement Burkinabè, la France donne son accord pour une extradition du frère de l’ancien Président Blaise Compaoré.

François Compaoré sera enfin extradé vers son pays d’origine, le Burkina Faso. C’est ce qu’a décidé le gouvernement français, à travers un décret d’extradition. A cet effet, la Ministre française de la justice, Nicole Belloubet, a adressé un courrier datant du mardi 3 mars 2020, adressé à sa Direction des affaires criminelles et des grâces. Lequel courrier tout en faisant ampliation du décret en question, précise les conditions dans lesquelles, François Compaoré pourra être éventuellement jugé. Recherché par le gouvernement de son pays, le frère de l’ancien président de la république du Burkina Faso est soupçonné d’être le cerveau de l’affaire relative à l’assassinat du journaliste d’investigation burkinabé, Norbert Zongo, entre autres..

Affaire à suivre !

CÉLÉBRATION JIF : Professeur BOGNIAHO pour une réflexion sur les pesanteurs et préjugés sociaux et sexistes.

N’y a-t-il pas une méprise sur la journée internationale de la femme ? Voilà le Point de départ de la réponse du professeur titulaire de Littérature africaine à un texte de Senghor célébrant la femme africaine, posté sur la page Facebook de Ferdinand MISSENHOUN. Lisez la prise de position de l’universitaire.

De la lutte pour le droit de vote, cette journée fédère tous les aspects de la question genre, particulièrement ceux de la parité homme/femme.
Reconnaître des droits à la femme n’invoque pas sa célébration, mais plutôt sa libération des pesanteurs et préjugés sociaux et sexistes. Dès lors, j’ai comme l’impression que ceux qui utilisent cette journée pour chanter la beauté de la femme ne l’incitent pas à se dresser pour arracher un peu plus de liberté face à une hégémonie envahissante du phallus. Pagnes et fleurs, parfums et bijoux, et autres babioles offerts ce jour à la femme sont, me semble-t-il, réducteurs du prisme qui fonde cette journée en même temps qu’ils traduisent son dévoiement. Ne serait-il pas plus subséquent de réserver nos ballades d’amour, nos largesses intéressées pour la fête des mères et la Saint Valentin, et de consacrer cette journée à la réflexion, susceptible d’aider la femme à s’épanouir vraiment?

Professeur Ascension Bogniaho.

SÉNÉGAL : Grosse révélation sur le premier cas de Coronavirus.

Aïssatou Diop Fall a fait un plaidoyer fort, ce dimanche. La présentatrice de l’émission Face 2 Face appelle le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr a tenir un langage de vérité, concernant, le Coronavirus au Sénégal. La journaliste n’est pas du tout satisfaite par la communication du ministère de la Santé et de l’Action sociale, s’agissant surtout, du premier cas au Sénégal.

Recevant, Fatou Ndiaye Blondin Diop, la journaliste de la Tfm a fait une révélation inquiétante.

« Je connais une personne qui a été dans le même vol que le français qui a importé le premier cas de Coronavirus au Sénégal. Quand cette personne a informé les autorités de sa situation, celles-ci lui ont dit qu’un test n’était pas nécessaire, parce que le français n’avait pas contaminé sa famille », informe ADF.

Ce qui est une réaction scandaleuse, aux yeux de la présentatrice, d’autant plus que les autorités sanitaires ont parlé de « traquing des cas contacts ».

CÔTE D’IVOIRE : Cinquième cas de Coronavirus identifiés

Une dame arrivée par un vol de la compagnie royal air-Maroc, présenterait des symptômes de coronavirus. Aussitôt, elle a été mise en quarantaine en attendant d’avoir une idée précise sur le mal dont elle souffre.

De même, la direction de communication du ministère de la Santé et de l’hygiène publique a confirmé la véracité de l’information. « La dame avait effectivement une température anormale. Ils sont en train de faire les analyses. Il pourrait avoir les résultats d’ici demain après-midi (samedi 7 mars 2020. ndlr)». Il a fait savoir que le cas suspecté est le 5e enregistré en Côte d’ivoire. De même, il informe que les autorités sanitaires ont décidé de ne plus communiquer sur ce type de cas tant que le diagnostic ne présente pas un résultat positif.

TOGO / RÉCRÉATION TERMINÉE POUR AGBEYOME ET SON PREMIER MINISTRE : Une mise en garde solennelle de UNIR.

Après la sortie du premier ministre nommé par le président autoproclamé du Togo, Agbéyomé Kodjo, la réponse ne s’est pas fait attendre de la part des membres du parti au pouvoir.

« Après le 3 mars, la récréation est terminée. La théâtralité à laquelle nous avons assistée depuis quelques jours a pris fin. Place aux institutions de la République d’agir et de faire leur travail. Nous sommes d’accord pour le débat démocratique, les contradictions des idées. Mais les attaques personnelles : ça suffit ! La récréation est terminée », a déclaré le Secrétaire exécutif du parti UNIR de Faure Gnassingbé, Aklesso Atcholi. En effet, Agbéyomé Kodjo, n’ayant pas accepté les résultats proclamés par la Cour constitutionnelle du Togo donnant pour vainqueur Faure Gnassingbé, s’est autoproclamé président. Il a, par la suite, nommé Antoine Koffi Nadjombé, premier ministre.

Antoine Koffi Nadjombé, quant à lui, s’est adressé à la nation et a appelé le peuple et l’armée à rejoindre la cause d’Agbéyomé. Pour le SG du parti UNIR dont le candidat a été déclaré vainqueur, Agbeyome Kodjo, Antoine Koffi Nadjombé et leurs partisans font preuve « d’inepties, vocifèrent et gazouillent des délires démoniaques et sataniques ». Il va sans dire que tant le parti au pouvoir que le gouvernement ne sont pas disposés à laisser faire sans réagir. Pour rappel, après l’annonce de sa victoire, le président Faure Gnassingbé a appelé l’opposition à accepter « le choix du peuple ».